
Oui, j’aime plus Marrakech, elle est devenue Kech ; moi j’aime pas les changements et les statuquo m’ont toujours épatés dans leurs rigidité !! Je commence l’exécution de l’illusion d’une City qui se donne, une cité qui me fait plus rêver et pour cause elle a perdu son âme. Rien ne remplacera cette citation pour mettre en scène ma disponibilité pour un lynchage.
La fascination a ceci d’extraordinaire qu’elle ne s’embarrasse d’aucun interdit. Aucun jugement de valeur.
[Rajae Benchemsi] Extrait de Marrakech, lumière d’exil
Pleine à craquer avec toute ses contradictions, ma version du Marrakech des années 90 a été un diaporama de gens serviable et la que je la vois nager dans le chaos annonciateur d’une perte de sa couleur. Une soirée particulièrement étouffante, la place Jemaa el Fna je l’ai toujours senti comme un cauchemar de panique … l’obscurité de fumée, un tribales tambour battant, le ronflement d’un millier de personnes en bouffant n’importe quoi et surtout des yeux prédateurs qui balayent les environs en cherchant une brebis égaré.
Le sentiment d’être regardé sous tous les angles sans aucune astuce pour fuir le regard et les sollicitations de acteurs de la Jamaa Elfena n’a plus de charme, le spontanée est remplacé par une grosse gorge avide pour emplir le sac. Cobras gesticulant comme un ivrogne de minuit, ringards magiciens jouant maintes fois le meme tour de magie, drogue entre deux chansons, la foule se compose et se décompose selon les spectacles, streetfights est le refuge des badous de la ville pour évacuer de l’adrénaline, un moment de célébrité Fenasque tous dispersés au milieu de ce melting-pot de nuit, bizarrement, éclairé par des lampes à gaz et des ampoules nues.
Marrakech est aimé pour son rien, cher aux jetseteurs en manque d’exotisme, adoré par un nouveau retraité érigeant sa nuque vers le soleil, favorisé par les spéculateurs de tous genre, populaire aux yeux des cinéastes, vénérable au regard fixant de la devise, elle a le sentiment d’être l’amuse bouffons.
Son inclination face a l’argent, lui a fait perdre mon amitié, elle a échanger mon amour pour un banal nouveau riche occidental, ma sympathie n’est plus a vendre, de préférence je la met en stand by, je suis passionné par son old time.
Elle m’a toujours couverte de tendresse, mais là mon cœur ne battait plus la chamade , il est atteint de cette maladie, mal de passer pour un berrani, je ne veux plus être attacher a elle comme un vieux journal, son goût est devenu un dégoût d’amertume. Elle est atteinte d’une trouble psychosomatique, sa pensée manque de raison, sa raison manque d’affection, elle n’affectionne plus la modestie, elle apprécie la grandeur. Marrakech a perdu l’amour ; elle a gagné l’éphémère* amour et j’en conclu que pour une satisfaction passagère, l’homme est capable d’oublier son âme.
*Merci pour l’éternelle Nora