Crédit Photo : La grande Bouffe, Rama
Quand je vois tout le débat qui se déclencha chaque fois après mise en projection d’un film marocain, je me dis dieu merci on a pas encore arrivé a la phase grande bouffe. Tant sur le plan artistique que technique, je pense que le cinéma marocain on a/on aura encore des tentatives provocatrices entre deux bobines et les jours de gloire éphémère sont a venir.
Le hasard des choses a voulut que je tombe sur un film qui date des années lumière avant ma naissance. La grande bouffe est un film que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Je n’ai pas été dans la mesure de suivre un film purement français, artistiquement français à la limite serait trop lourd pour un début de soirée. L’absence de la Frensh Touch dans toutes les derniers films m’a fait du bien et surtout thématique ombrienne d’une vie à la française est trop emmerdante. Que fait le cinéma français actuel ? Ils produisent des merdes et des films bidon pour remplir le cerveau disponible. Un film qui date des années 70 est d’abord une étude sociologique de l’époque, c’est un copie négative de ce que devait être les grands changements socioculturelles, politiques et surtout artistiques de toute une génération.
Le film [La grande bouffe] est ce que je considère de l’artistiquement dégoûtant, du répugnant dans la mise en scène ; de l’obstination dans la provocation. Une tentative artistique qui se cherche le point de choc avec la société de consommation mais qui montre le génie d’un époque où on avait moins de soucis et plus de moyens !! Je parle là d’un film qui précède le Mai 68. Avec cette crise de pandémie de la grippe porcine, le film revient en force pour mettre l’accent sur le mal de la société de super-consommation, de la violente et ambiante course vers la surproduction.
Je m’en suis sorti vivant de ce film, oui c’est un miracle et c’est un peu aussi courageux de manger de la viande après coup ! L’histoire du film est un peu celle de toutes les époques, de toutes les générations et de toutes les cultures !! Le résultat d’un plein emploi, de l’excès du bonheur individuel matériel produit de la citoyenneté avide de narcissisme. Le film est un essai cinématographique répugnant dans la mise en scène, dégoûtant dans la tentative de se battre avec le mal.
Nous tendions un miroir aux gens et ils n’ont pas aimé se voir dedans. C’est révélateur d’une grande connerie.[Philipe Noiret]
L’infect du sujet n’est pas un vice qu’on a cherché à coller au réalisateur. Les scènes montrent la brousse fétide dans laquelle vit la génération post 68. Il est peut être détestable pour certains, mais n’empêche qu’il a montré l’exécrable image d’une certaines élite de la société française. Le film est hideusement arrangé selon les manières de l’époque et de l’endroit. Je conseille toute personne qui cherche l’instant de paix dans ce film de se mettre dans la tête que la mise en scène est ignoble ; immonde ; infâme ; rebutant ; sordide et malpropre !!! C’est juste un mot de la fin pour les âmes sensibles de cet espace ! Je signale une dernière chose, d’une grande d’importance quand il s’agit de creativité ; la chaine qui l’avait diffusé a utiliser l’outil magique pour couper des scenes ! Bravo la liberté d’expression.