
Crédit Photo : Une démonstration au Asiagraph 2007 à Tokyo, Kim Kyung Hoon/Reuters
Pour clore notre trilogie sur la façon dont les nouvelles technologies transforment notre intimité, rien de tel que de constater que les émotions générées par le virtuel ont des conséquences tout à fait concrètes sur notre vie réelle.
Laurent témoigne de sa première « rencontre virtuelle » :
D’avoir eu une relation sexuelle née d’un espace qui n’existe pas, en parlant avec une femme que je n’avais jamais vue m’a bouleversé. J’ai eu le vertige parce qu’une relation intime avait émergé du virtuel. Finalement, le virtuel est très concret. J’ai été touché intimement par un média électronique. Je continue de m’interroger sur la nature d’un enfant avec cette fille ? Ce gosse ne serait pas né d’une relation physique (au départ) mais d’une relation dans un monde de mots.
D’après Johan, « si on considère qu’aujourd’hui, le vrai pouvoir c’est l’information, c’est l’étape ultime du pouvoir de l’intellectuel sur le sensoriel ».
La sexualité virtuelle, voyeuriste ou exhibitionniste, est tout à fait réelle pour les personnes qui la vivent. De la même façon que certains s’excitent pour de vrai en observant leurs voisines, d’autres se plaisent à regarder par le trou de la caméra…
« Je ne peux pas toucher, j’adore cette frustration, et ces trips d’exhibition collective », me confie un amateur du genre, qui poursuit :
Des seins en visio m’excitent peut-être plus qu’en vrai car elle se cache et je peux faire ce que je veux… c’est voyeuriste, ce n’est pas intrusif, la relation reste virtuelle, cela reste un fantasme, avec une totale liberté personnelle comme devant un film, on peut éteindre l’ordinateur à tout moment, il n’y a pas de risque personnel ; et pour autant, c’est très excitant.
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