Il en faut du temps pour comprendre certains histoires bien ficelées, c’est là une constatation de taille ; quand c’est du cinéma marocain on est encore dans une autre dimension. J’ai donc vu un film marocain ce weekend !! Oui, faut dire que bouder Avatar pour voir une production marocaine réside plus dans le fait d’un cinéphile pressé et pas du tout patriotique mais bien un geste fistule fait par amour. Conclusion, je suis resté sur un gout amer d’une soirée cinéma bien pourrie. Faut dire que je l’ai cherché et quand c’est par amour on ne doit pas venir chialer après.
On m’a vendu le film par ce superbe choix des séquences. La compagne publicitaire m’a fait croire à un truc nouveau ; a une nouvelle page du cinéma marocain. Après un Casanegra et un Voile d’amour on se doit en tant que réalisateur et producteur penser à bombarder un énième tabou !! Faut dire que quand il s’agit de cinéma marocain, pour pas dire cinéma arabo-musulman ; il y a abondance des thèmes exploitables pour une queue devant la caissière. Sachant que le thème de la religion n’est pas encore possible alors autant parler de cul et plus il y a du cul t’es sûr d’attirer des téléspectateurs.
Destins croisés (Finak Alyam) est une fiction jouant sur le registre du drame social où trois couples quadragénaires qui, perdus de vue depuis les folles années de l’université, se retrouvent réunis dans la villa de l’un d’eux.
Après avoir reçu une étrange invitation, attribuée à Rajaâ, leur ancienne amie portée disparue depuis leur dernière rencontre, et bien que fort intrigués, les trois couples accourent à cette adresse qui leur était inconnue.
Les retrouvailles ont lieu finalement et Rajaâ, quoique absente physiquement, est bien présente dans la mémoire de chacun. Les six autres ont formé trois ménages bien que pas toujours selon les affinités amoureuses de leur jeunesse.
Il est question donc d’un film marocain, Destins croisés de Rachid Chouika !! J’avoue n’avoir jamais vu de ses précédentes œuvres de ce réalisateur ou peut être que je me rappelle plus. Les acteurs par contre on peut déjà se dire que la brochette des trois couples peut nous gaver d’une discussion intelligente et de ce pouvoir de hausser le débat vers plus de mythisme. Je n’ai pas cherché à lire les critiques cinéma, ni d’en avoir le cœur net auprès d’autres cinéphiles ; chose que je ne regrette pas quand le film est bon mais là c’est une autre histoire. Le film est une sélection de séquences qui se ressemblent et ne s’assemblent pas. Un peu comme si on a voulu filmer un mariage dans un petit espace et que la mariée n’est pas là ? Un film qui serait bon pour calmer les ardeurs d’une inflammation dentaire. Pendant toutes les minutes je n’ai pas arrêté de chercher cette histoire qui mène les acteurs et toujours rien âpres plus d’une trentaine de minutes !! Walou comme si on a voulait me faire chier et me punir pour avoir boudé un film avec des actions et des plans magiques.
J’ai plusieurs remarques au sujet de ce film ; je ne veux surtout pas être désagréable et rendre l’habit d’un casseur des œuvres mais c’est de mon droit de dire ce que j’en pense. Parlons de l’affiche : A quoi bon mettre le titre d’un film en Tifinaghe ’langue berbère’ quand le seul mot prononcé est « Aghen » qui veut dire va te faire foutre !! On m’a toujours dit que pour apprendre une nouvelle langue il faut commencer par les insultes. Le plus drôle est la narration de Rajaa, comme si on est en face d’une élève de CM2 qui raconte une histoire écrite entre deux envies de sommeils. Je n’ai pas vécu les années de plomb mais quand on voit ce qu’il en fait le réalisateur on peut dire que c’est bon de vivre cette époque !!! Oui, j’ai bien dit que c’est bon de la vivre. Au moins y avait de l’ambiance, la fornication avait un sens et on se cassait pas la tête de changer les choses dans la société marocaine mais bien de se mettre en face du pouvoir et vouloir partager ce qu’il a entre les mains. La suite des séquences montre des jeunes baignés dans une liberté individuelle que le téléspectateur actuel pense perdre, on baise on boit et on fume et entre deux manifestations on peut avoir la totale chez le Hajj du coin. Ceci dit et via les idées présentes dans le film : Les enfants des années de plomb doivent êtres heureux car en plus de vivre dans l’angoisse de perdre sa vie, ils avaient un sens pour leurs vies éphémères. Quand on se rend compte que en fin de compte ce qui compte c’est ce qu’ils ont accumulés dans les comptes bancaires ; ceci fausse le bilan de toute une génération et c’est bien dommage pour le Maroc.






