Casanegra n’est pas un film comme les autres, c’est une fenêtre ouverte sur la rue haineuse de Casablanca. Casanegra est la négation de Casablanca la douce, Casablanca la fleure idyllique et poétique d’une ville qui porte un beau nom. Casanegra est un film noir, normal il est formaté en Noir et Blanc. Noir aussi dans l’ame et l’esprit d’un film qui n’a de raison d’être que le fait que de relater toute la violence de notre maison blanche ; Non, c’est pas la maison blanche américaine ; c’est Casablanca comme fond de base d’une production qui voulait mettre l’accent sur ce qui se passe dans une ville cosmopolite entre minuit a 6h du matin. Nul besoin de produire des scènes exceptionnels, toute la splendeur du film réside dans la description de ce que vivent deux jeunes chômeur et par consequence toute la jeunsesse marocaine. L’idéale d’une jeunesse marocaine est l’ossature même du film : comment réussir sa vie et réaliser sa légende personnelle dans une ville de plus en plus sauvage, capricieuse ; mercantile et snobeuse des parias pauvres.
« Casa negra » est tout à l’opposé de Regard C’est un film bruyant violent, enchevêtré, riche et épars. On y découvre une autre facette du réalisateur qui livre ici tout en vrac. Il y a une multitude de sujets, une multitude de personnages, une multitude de situations et aussi une multitude de fins, mais dont le fil conducteur est le couple de jeunes formés par Adil et Karim, apparemment opposés mais profondément unis et identiques.
Je pense que le fait de visionner ce film dans une salle de cinéma marocaine relève de l’expérience parfaite ; c’est même la cerise sur le gâteau quand la nuit conspire pour augmenter le sentiment d’insécurité et qu’on habite a peu prés d’un kilomètre loin de chez soi là vraiment on touche l’esprit de l’histoire. Le film n’est vivable que dans l’obscurité d’une salle de cinéma, le visionnage est fait dans le contexte d’une soirée nocturne va vous permettre l’extase parfait et l’occasion propice pour la réflexion. La sensation de joindre le réel et la fiction du film trouve ainsi son bonheur dans l’abordage d’une rue vide. Plus besoin de vivre les sensations fortes d’une nuit passée en baroudant les arcanes d’une médina casablancaise, les choses parlent d’eux-mêmes ; le téléspectateur qui vit dans le spectre d’une ancienne médina trouvera le film comme continuité de son banal quotidien.
« Casanegra » fascine et dérange én même temps et presque au même degré. Les scènes de nuit montrant Casablanca sont alléchantes où l’on côtoie les bas-fonds de la ville et dont le titre y fait allusion. La saleté, la misère, les clochards, les ivrognes ont droit de citer dans nos films et le film de Lakhmari y fait largement écho.
Le film est très beau, poétique ; violant ; riche dans la force des adjectifs usés et trop utilisés, c’est l’exception qui fait rever un téléspectateur habitant une villa, loin d’etre temoin de la violence des parias de la ville casablancaise…. bien loin de la vraie Casanegra. Le film est à l’image de notre fascination de tout ce qui nous fait peur, de cette peur qui empêche un nouveau riche de remettre les pieds dans la médina ; ce sentiment panoraique qui fait naître en chacun de nous cette peur de l’autre ou voir même vivre la vie mérdique del’autre. La fascination pour la violence du film chez certains est un défouloir, une sorte de télé-réalité gratuite qui permet de voir les scènes de violence et surtout entendre les insultes les plus haineuses sans se sentir visé. Le film Casanegra n’est ni beau ni mauvais ; c’est un film qui parle des choses tel qu’ils sont en vrai. Il faut pas trop se soucier de la violence car l’argument violence n’est nullement la spécificité du film mais celle de la société marocaine. On passe d’une scène a une autre, on ira pas jusqu’à au symbolisme des mots car ils font partie de notre quotidien quoique violent. Il faut faire le choix, est ce qu’un film marocain qui utilise plus de mots d’amour que les noms de oiseaux n’est pas mensonge ? La réponse : Casanegra nous fait voir les choses qui font partie de nous quand on est trop aveuglés par l’idyllique trop parfait que certains veulent nous faire croire.
Sur ce je vous dis bon film !

Naim
on jan 19th, 2009
@ 13:02:
Excellent film marocain. L’un des meilleurs de ces dernières années.
A bientôt.
VipLecktro
on jan 19th, 2009
@ 17:54:
quelqu’un peut me donner un lien pour le telecharger
et merci d’avance
agharass
on jan 19th, 2009
@ 18:00:
@ VipLecktro : rien ne peut remplacer le fait de prendre son ticket de cinéma et partager cet instant dans une ambiance sonore et visuelle qui va amplifier l’instant cinématographique
nouga
on jan 19th, 2009
@ 19:45:
Agharass, je suis heureuse de savoir ke tu as aimé le film, c un bon film ki reflète une réalité k on s’obstine a nier tous, la vie n est pas toujours belle, même les couleurs ne sont pas toujours gaies il y a le rose bonbon et le gris noir.
Merci d avoir partagé.
agharass
on jan 19th, 2009
@ 19:47:
@ Nouga : j’étais dans l’idée que ce film est pourri mais plus maintenant
un film exception dans le cinéma marocain.
Anonyme
on jan 24th, 2009
@ 12:06:
Le modèle que propose Casanegra n’est pas celui d’une société amorale, mais celui d’une société qui admet sa part d’amoralité. Donc qui n’a plus peur d’elle-même.
“Din mouk”, “lehmar taa bouk”, “zamel”, “ould l’qahba”… Si, en autorisant la diffusion de Casanegra, l’Etat a estimé que les Marocains étaient suffisamment mûrs pour entendre ces mots crus dans une salle de cinéma… qu’on me permette alors de considérer, chers lecteurs, que vous êtes suffisamment mûrs pour les lire sur ce magazine. Dont acte.
Maintenant, demandez-vous honnêtement ce qu’ils vous inspirent… La plupart des gens à qui j’ai posé cette question, en sortant du film, ont confessé un certain malaise. “On sait bien que ces mots là se disent dans la rue, mais ce n’est pas une raison”…
Dans les pays développés, cela fait longtemps que les gens ont compris : chaque contexte secrète sa terminologie. En l’occurrence, ce film-là, dont le sujet est la vie dans les bas-fonds de Casa, aurait tout simplement été absurde (et raté) si ses personnages avaient parlé comme à la télé, dans cet improbable “arabe médian policé” que la SNRT cherche encore à faire passer pour notre langue de tous les jours. Dans une optique strictement cinématographique, le film de Noureddine Lakhmari marque donc une rupture entre ce qui a été fait jusqu’à présent, et ce qui aurait toujours dû être fait. Plutôt qu’une révolution, il s’agit en fait d’une normalisation.
Mais c’est justement parce qu’il opère cette normalisation brutalement, sans que rien ne nous y ait préparés, que Casanegra, avec sa violence et son hyperréalisme, va bien au-delà d’un simple objet cinématographique. Il fait plutôt office de thérapie de choc – et Dieu sait à quel point nous en avions besoin. Pour ouvrir les yeux, pour secouer les certitudes ouatées dans lesquelles la propagande officielle tente de nous enfermer depuis un demi-siècle. “Le Maroc est un pays lisse et sans aspérités, dont les bienheureux habitants respectent tout ce qui doit être respecté : la tradition, l’arabité, l’islam, les aînés, les convenances, la loi, etc.” Non messieurs. Le Maroc est un pays tendu dont le corps social, travaillé au quotidien par la violence verbale et émotionnelle, se transforme en un objet torturé et polymorphe… mais aussi incroyablement créatif et en perpétuel renouveau. En prendre conscience est ce qui peut nous arriver de mieux.
C’est une chose d’écrire des articles sur “le Maroc tel qu’il est” – ce que TelQuel s’attache à faire chaque semaine, depuis plus de 7 ans maintenant. C’en est une autre de le montrer crânement, crûment, brutalement, sur grand écran. L’image a toujours été – et sera toujours – incomparablement plus puissante que l’écrit. L’Etat le sait bien, lui qui fait de l’obtention des licences télé un parcours d’obstacles – alors que lancer un journal ou écrire un livre reste une entreprise plutôt libre. C’est dans ce contexte qu’il faut saluer l’autorisation de diffusion de ce film comme ce qu’elle est : une évolution socioculturelle majeure – et je pèse mes mots.
Bien sûr, les conservateurs objecteront : “Est-ce cela, le progrès ? Banaliser la violence et la grossièreté ? Est-ce cela, le modèle ? Une société où le respect n’existe plus, où la seule loi est celle de la jungle ?”. Evidemment non. Le progrès, ici, n’est pas de banaliser les travers de la société ; il est de reconnaître leur existence. Quant au modèle que nous propose Casanegra (en creux), ce n’est pas celui d’une société amorale, mais plutôt celui d’une société qui n’a pas peur d’admettre sa part d’amoralité. Autrement dit, qui n’a pas peur d’elle-même.
Jusqu’à présent, Casanegra n’a pas déclenché de polémique violente, comme on aurait pu le craindre. Tant mieux, cela démontre que nous sommes prêts à reconsidérer, dans le calme, l’image que nous nous faisons de nous-mêmes. Profitons-en pour ouvrir le débat. Il est salutaire, et c’est tout le sens de notre couverture de cette semaine.
Telquel
mOuna
on fév 1st, 2009
@ 12:36:
je recherche la chanson du film ‘ casanegra ‘ celle qui passe à la fin
yasmeen
on fév 4th, 2009
@ 21:26:
moi l’impression que ça me donne c’est que c’est un film marketing, il n’y a rien d’artistique, je salue le coté image et esthétique, la technique et tout ça mais le fond peut etre trop violent ou trop trash. j’aime pas du tout. mais je trouve ça hilarant de voir comment les maroains n’ont aucune culture et sont aveuglés par le superficiel. je ne sous-entend pas que le film est superficiel mais que les marocains le sont, tant qu’ils n’ont pas encore une capacité de jugement propre ils vont toujours suivre l’avis des autres, on peut leur faire dire ce qu’on veut!
mais bravo quand même pour le challenge.
Fidoo
on fév 12th, 2009
@ 0:46:
salut à toutes et à tous; juste un petit mot pour mlle Yasmeen,tous les films ont cet objectif commercial, un film reussi c’est celui qui remporte des trophets et le plus d’argent…Pour Casanegra je pense que Mr LAKHMARI nous a montré dans ce film une partie de ce qui se passe dans cette heureuse ville d’une manière sincere et directe,on doit l’encourager parce qu’il a osé de casser les mures de l’ignorance culturelle,il a aussi comparé d’une façon indirecte deux milieux sociaux celui des riches avec leurs comportements et celui des pauvres (Adil et karim)..il a devoilé la vérité de cette ville et il a traité pas mal de sujets sociaux (la femme marocaine,les employés au maroc,le chomage,l’imigration,l’alcohol,les enfants de la rue,etc..)
Adil et Karim ne sont qu’un petit exemple de toute une jeunesse perdue.
Mohamed
on fév 14th, 2009
@ 20:00:
Excellent film, avec des acteurs impeccables, et une bande originale parfaitement adaptée au contexte.
Bravo le realisateur
lamiaa zaim zouanat
on fév 21st, 2009
@ 17:15:
salut
a mon avis le film casa negra est EXELENT. Ila eu un énorme succés,c’est un film a la fois dérangeant et fascinant ,
MR.LKHMARI s’est basé sur le coté sombre de la ville BLANCHE . se film traite beaucoup de sujet comme le chomage
l’imigration etc.Violence, langage cru, … Jamais un film marocain n’aura été si loin. Casanegra, le second long métrage du réalisateur Noureddine Lakhmari, est en passe de devenir un phénomène de société au Maroc.le film est projeté depuis le 24 décembre 2008, les salles affichent souvent complet. Jeunes, vieux, riches, pauvres, affluent en masse .
ce film est le reflet des amours déçus et des rêves brisés, Casanegra n’est pas tendre pour ses enfants
lamiaa zaim .14ans de CASA (NEGRA)
youssra
on fév 23rd, 2009
@ 23:31:
si ma meilleur film je l aime beaucoup
Khalid
on mar 30th, 2009
@ 13:36:
Après tout le bruit qui a été fait autour de ce film, je suis profondement deçu par le scénario et les dialogues.
Le scénario est d’une qualité frollant le médiocre, sans suspens ou réel enjeu.
Les dialogues sont encore plus pauvres….(notre darija est pourtant si riche et belle a entendre)…sans même faire allusion à la vulgarité (en comparaison, même les pires chmakriya passent pour des intellectuels)
En bref je dirai : dommage, dommage, dommage…la qualité de l’image, les acteurs et Casabanca etaient au rendez-vous
sara
on avr 1st, 2009
@ 19:11:
c vrmnt super film kayhdr 3la mghrib kif 3aml machi kif binah ykon wakha howa fih des mots vulgaires mais had lhdra kansm3oha kola nhar ds la rue w had l film howa ahsan film mghribi wlah ntmna yb9aw les films bhal haka diiiiiima vivve le film casanegraaaw nsit momtilin super cool ma3ndi man9ol
hanae
on avr 29th, 2009
@ 11:57:
bjr à toutes et à tous.
je cherche une chanson d dance celle quui a passee a la boite (el hamdoulah….
JJ
on oct 20th, 2009
@ 14:43:
Pourquoi sommes-nous si fascinés ? Tout simplement parce que Casanegra est un film audacieux qui décrit avec authenticité les bas-fonds de Casablanca à travers des personnages d’un réalisme poignant.
À voir absolument en salle, dès le mercredi 21 octobre prochain !
On peut défendre le film en soutenant sa distribution sur touscoprod. Des affiches et des dossiers de presse sont notamment disponibles sur :
http://www.touscoprod.com/pages/actualites/resultrecherche.php?s_actuselect=168&s_wbg_menu=5
A.A.
on déc 17th, 2009
@ 16:29:
Vous avez aimé le film? Alors dépêchez-vous le ne reste plus que 16 jours pour soutenir CASANEGRA sur http://www.touscoprod.com/pages/projet/fiche.php?...
On peut dorénavant le soutenir grâce aux chèques cadeaux qui permettent d'offrir des parts de coproduction sur le film! Une bonne idée de cadeaux pour les fêtes!